J'ai marché,
Traînant ma douleur,
Les genoux écorchés,
Le c½ur en pleurs.
Point de légèreté,
Mais une infinie lourdeur.
En moi déferle la noirceur
Et rien ne peut l'arrêter.
Mes ailes figées,
Comme des fleurs fanées,
Comme des pétales séchées.
Je ne pouvais plus voler.
Mon c½ur trop lourd
Me clouait au sol,
Litanies et paraboles,
Dans un chant sourd,
Enchaînant ma conscience
Tout au fond de moi,
Dans la magnificence,
D'un lac noir qui s'étendait en moi.
Noyée dans mes propres détours,
Repliée comme dans l'antre de la mère,
Tout mon corps et ma chair,
Aux corbeaux et vautours,
Offerts en offrande
Aux dieux de la lande,
À jamais disparue,
Sous le béton des rues.
Comment pourrais-je trouver mon chemin,
Dans ces forêt grises des humains ?
Même si je tendais la main,
Ils ne verraient rien.
Ils fixent un horizon funeste
Où leur nombril seul les intéresse.
Je pars sans demander mon reste,
Je me pendrai avec mes tresses,
Où les oiseaux ne se posent plus.
Nul ne voit ma détresse,
Mais qu'est-il advenu,
De toi, ô mère et Déesse?
Ton culte est révolu,
Ainsi que les arbres bannis,
De leurs serpentines rues,
Qui étouffent ta chair, au mépris de ta vie...
Je me replie au creux
De mon être douloureux,
En attendant que change,
La face de se monde étrange.
Un nénuphar m'a ouvert
Son c½ur sur une rivière,
Je vais aller y dormir,
Jusqu'à un meilleur avenir...